Étude sur la conformité aux zones refuges du maïs Bt au Canada

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La Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs a publié, au début de l’automne 2016, un rapport sur l’évaluation de la conformité aux plans de gestion de la résistance pour le maïs Bt au Canada pour l’année 2015. L’organisation effectue cette étude tous les deux ans dans les provinces qui cultivent le plus de maïs, à savoir le Québec, l’Ontario et le Manitoba. Le dernier rapport remontait donc à 2013.

Les hybrides de maïs Bt ont été plantés sur 3,1 millions d’acres en 2015, soit la même superficie qu’en 2013. La part du maïs Bt, exprimée en pourcentage du maïs total, a augmenté, passant de 77,7 % en 2013 à 85,8 % en 2015. L’Ontario présentait le pourcentage le plus élevé d’acres de maïs semés d’hybrides Bt (88,6 %), suivie du Québec (84,5 %) et du Manitoba (69,6 %). Au Québec, en 2015, la superficie en culture de maïs Bt atteignait 888 000 acres.

De 2013 à 2015, le pourcentage de producteurs agricoles qui semaient du maïs Bt a légèrement augmenté, passant de 90,0 % à 93,1 %. Les principaux changements qui se produisent actuellement sur le marché sont l’adoption d’hybrides à caractères combinés ayant de multiples modes d’action et l’adoption rapide des hybrides « refuge dans un sac » (Refuge in the bag ou RIB). Les hybrides à traits empilés (résistance à la pyrale et à la chrysomèle du maïs) ont pris de l’importance depuis leur introduction en 2009 : le pourcentage des superficies en culture de ces hybrides atteignait 76 % des superficies totales de maïs Bt en 2015. Quant aux hybrides RIB, présentant des modes d’action multiples, ils couvrent maintenant 91 % des superficies totales de maïs Bt.

La croissance de la popularité des hybrides RIB, qui ont été développés pour répondre à l’exigence de refuge, a permis d’atteindre des niveaux très élevés de conformité aux zones de refuge en 2015 au Canada (91 %), soit une hausse notable par rapport aux années précédentes. Ainsi, de façon globale, le nombre de producteurs qui ne respectent pas l’exigence de zone refuge a diminué de manière importante. L’augmentation de la conformité à ces exigences de 2013 à 2015 a été observée dans les trois provinces : cette conformité atteint maintenant 91 % en Ontario, 90 % au Québec et 91 % au Manitoba.

Les producteurs de maïs Bt ont continué à demander de l’information sur les hybrides de maïs Bt et sur les exigences liées aux refuges auprès des marchands de semences locaux et des grandes compagnies semencières. Ces deux sources continuent d’être considérées comme les plus utiles. Les deux moyens privilégiés d’accéder à cette information ont été la consultation du catalogue de semences de l’entreprise ou une demande directe adressée au personnel.

Référence

Dunlop, G. (2016). Bt Corn IRM Compliance in Canada. Rapport de la Canadian Corn Pest Coalition par iFusion Research Ltd. 47 pages. [En ligne].


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Mme Brunelle détient un baccalauréat et une maîtrise en biochimie avec une spécialisation dans le domaine alimentaire, médical et du génie génétique. Elle a obtenu son doctorat en biotechnologie végétale à l’Université Laval à Québec.

Dre Brunelle est conseillère scientifique expert en biotechnologie à la Direction de l’appui à la recherche et à l’innovation au Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Elle travaille comme spécialiste particulièrement dans quatre domaines : biotechnologie moderne, bioproduits industriels, nanotechnologies, et les négociations internationales/ interministérielles sur l’Accès aux ressources génétiques et le partage des avantages résultant de leur utilisation. Elle explore entre autres, depuis maintenant plus de dix ans les avantages et les défis liés à l’introduction des cultures issues du génie génétique dans le domaine bioalimentaire.

Mme Brunelle a participé à plusieurs comités interdisciplinaires travaillant sur ces questions dont le comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval et le comité technique sur les technologies de restriction de l’utilisation génétique de la Commission de l’éthique en science et en technologie du Québec.

Dre Brunelle coordonne également comme chercheure associée l’Observatoire Transgène à l’Université Laval.

Elle est auteure de plusieurs articles dans le domaine de la transgénèse végétale et co-auteure de chapitres de livres sur ce sujet.

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